Un autre maire démissionne Pour ne pas célébrer le mariage d'un étranger visé par une OQTF

Un autre maire démissionne Pour ne pas célébrer le mariage d'un étranger visé par une OQTF

Ce mercredi 17 décembre, la préfecture de Seine-et-Marne a refusé les démissions du maire de Chessy, Olivier Bourjot, et de ses adjoints. Ces derniers voulaient quitter leurs postes pour ne pas avoir à célébrer un mariage impliquant un homme qui avait fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Selon la préfecture, ce refus a pour but d’éviter un désordre dans la gestion de la commune et d’assurer la continuité des services publics, surtout à l’approche des élections municipales de mars 2026.

La veille, le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, avait rappelé le maire à ses obligations légales. S’il a pris note de la volonté de démissionner d’Olivier Bourjot, le magistrat a souligné que cette démarche ne le mettait pas à l’abri d’éventuelles poursuites. Selon lui, son refus persistant de célébrer le mariage pourrait toujours être considéré comme une infraction.

Tout a commencé en mai, quand la mairie a signalé au parquet un projet de mariage entre une ressortissante européenne et un homme de nationalité étrangère sous OQTF. Après enquête, la justice n’a trouvé aucun élément laissant penser à un mariage frauduleux. Au contraire, le couple a fourni des preuves de la sincérité de leur relation. Une décision de ne pas s’opposer à l’union a donc été prise le 7 juillet.

Malgré cela, le procureur explique avoir tenté à plusieurs reprises de privilégier le dialogue avec le maire de Chessy. De leur côté, les futurs époux ont saisi la justice en référé. Le 10 décembre, le tribunal a ordonné à la mairie de procéder au mariage, estimant notamment que l’OQTF en question n’était plus valable juridiquement et qu’un officier d’état civil ne pouvait pas se substituer à l’appréciation du parquet après enquête.

C’est face à cette injonction que le maire et ses adjoints ont choisi de démissionner de leurs fonctions exécutives, tout en restant conseillers municipaux. Dans un communiqué, Olivier Bourjot a expliqué vouloir rester fidèle à ses convictions, affirmant que sans officiers d’état civil, la célébration du mariage devenait selon lui impossible. Il regrette qu’un maire soit contraint de marier une personne qui, à ses yeux, n’aurait pas dû rester sur le territoire, et continue de douter de la sincérité de l’union malgré les conclusions de l’enquête.

Cette décision a reçu de nombreux soutiens à droite. Le président de l’Association des maires de France, David Lisnard, et la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, ont publiquement apporté leur appui au maire. Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a lui aussi dénoncé une situation qu’il juge contraire au bon sens.

Interrogé par franceinfo, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a reconnu que cette situation pouvait choquer, tout en rappelant que le droit s’impose à tous et que la validation d’un mariage relève d’abord du procureur lorsqu’il est saisi par un maire. Il a toutefois avoué trouver « aberrant » d’être obligé de célébrer le mariage d’une personne ayant fait l’objet d’une OQTF. 

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