Le ministère de l’Intérieur a dévoilé les chiffres de l’immigration

Le ministère de l’Intérieur a dévoilé les chiffres de l’immigration

Le ministère de l’Intérieur a dévoilé les chiffres de l’immigration

Le ministère de l’Intérieur a dévoilé les chiffres de l’immigration pour l’année 2025. Des statistiques qui portent sur les titres de séjour, les demandes d’asile ou encore les visas, et qui ne manqueront pas d’alimenter le débat public, déjà très vif, à l’approche de la présidentielle

Le bilan montre plusieurs tendances : on délivre plus de premiers titres de séjour, mais on régularise moins de personnes, et les demandes d’asile reculent légèrement.

L’an dernier, la France a accordé 384 230 premiers titres de séjour, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024. Comme les années précédentes, ce sont les étudiants qui arrivent en tête (118 000), suivis des titres délivrés pour des raisons humanitaires, dont le nombre a fait un bond de 65 % (92 600). En revanche, les titres pour motifs économiques ont reculé de 13 %, à 51 190. « Le marché du travail attire peut-être un peu moins la population étrangère, que ce soit en termes d’embauches ou de salaires. La dynamique positive s’est essoufflée en 2025 », explique Guillaume Mordant, responsable du département statistique de la DGEF.

Au 31 décembre 2025, on comptait 4,47 millions de titres de séjour valides en France, en augmentation de 3,2 % sur un an. Dans le même temps, le nombre de régularisations a baissé de 10 %, avec 28 610 personnes régularisées. Cette baisse touche surtout les motifs économiques (-11,5 %) et familiaux (-6,4 %). « On ressent les effets de la circulaire Retailleau, qui visait à rappeler le caractère exceptionnel de ces régularisations et à en durcir les conditions », précise Guillaume Mordant. Concrètement, la durée de présence recommandée pour régulariser un travailleur sans-papiers est passée de cinq à sept ans, contre trois parfois auparavant.

À l’inverse, le nombre d’interpellations d’étrangers en situation irrégulière a augmenté de 30 % l’an dernier, notamment concernant des Algériens (+52 %), des Tunisiens (+33 %) et des Marocains (+19 %). Les éloignements ont progressé de 15,7 %, avec 24 985 personnes renvoyées. Les éloignements forcés, eux, ont bondi de 21 %.

Côté asile, on observe une légère baisse de 3,7 % avec 151 665 demandes déposées en 2025. « C’est la deuxième année consécutive que les chiffres sont orientés à la baisse », note Guillaume Mordant. Les premiers pays d’origine des demandeurs sont l’Ukraine, la République démocratique du Congo et l’Afghanistan (environ 11 500 demandes chacun), suivis d’Haïti, du Soudan et de la Guinée. Fait notable : le taux d’accord a atteint 52 % l’an dernier. « Plus d’une demande sur deux a obtenu l’asile, alors qu’on tournait plutôt autour de 40 % il y a cinq ou six ans », rappelle-t-il.

Pour les visas, la hausse est modérée cette année (+1,1 % de demandes, +3,5 % de visas délivrés). La croissance des courts séjours est tirée par le tourisme (+6 %), « signe de l’attractivité de la France », tandis que les visas économiques reculent de 4,4 %.

Enfin, 62 235 personnes ont acquis la nationalité française en 2025, un chiffre en baisse de 6,8 % après une année 2024 particulièrement élevée. Cette diminution s’explique surtout par le recul des acquisitions par décret (-13,5 %), suite à une circulaire de mai 2025 qui a durci les conditions d’accès. Six nouveaux Français sur dix étaient originaires d’Afrique, principalement du Maghreb, « mais aussi, dans une moindre mesure, d’Afrique subsaharienne », conclut le responsable des statistiques.

Ces chiffres sont publiés alors que l’Espagne, sous un gouvernement de gauche, s’apprête à lancer un vaste plan de régularisation qui pourrait concerner jusqu’à 500 000 sans-papiers, avec pour objectif de soutenir la croissance économique. Une démarche qui contraste avec le durcissement français, alors que, dès la publication de la circulaire Retailleau en janvier 2025, plusieurs acteurs économiques avaient mis en garde contre des conditions trop strictes, de peur de fragiliser certains secteurs.

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